Lieux et métiers de mes ancêtres GAU.

Les lieux de pérégrination et les métiers de mes ancêtres GAU et de leurs épouses :

Marthe VABRET, Anne JULIEN, Jeanne BOYER, Magdeleine BARDOU, Jeanne VAREILLE Marie SERS, Anne VERDIER, Marianne MIALHE, Magdeleine VAREILLES, Jeanne BERTRAND, Rose MIALHE, Philippine ESPÉROU,  Marie TIREFORT et Marie Louise MAS

 

Remarques préliminaires : Les informations ci-dessous ont été collectées dans les divers documents que je possède : état civil, contrats de mariage, BMS, testaments, etc.. Les prénoms en caractères gras sont ceux de mon ascendance. Les noms de lieux sont en italique soulignés. En cliquant sur « CARTE » vous accédez à une carte qui indique les lieux et les trajets tels que décrits ci-dessous jusqu'à mon grand-père Louis fils. La base de cette carte est celle de Cassini, mais elle a été profondément modifiée pour respecter au mieux les échelles et les positions. Les noms indiqués sont ceux en vigueur aujourd’hui.

 

Mes ancêtres, à partir d’Antoine, le plus ancien connu, sont tous nés dans les cantons de Montredon et de Vabre du département du Tarn. Ils y ont vécu sauf mon père qui à partir de son mariage a émigré vers la plaine dans le canton de Lautrec.

Si Antoine est probablement né dans le canton de Montredon, les documents indiquent avec certitude qu’il y a vécu. Un contrat de gazalhe daté du dix novembre 1587 indique qu’il habitait à La Griffol (La Grifoul sur les cartes de Casini, aujourd’hui Lagrifoul en un seul mot), à trois km au nord de Montredon. *

* Un contrat de gasalhe est ce qu'on appelle en droit moderne un bail à cheptel ou bail à mi-fruit. C'est un peu l'équivalent du bail de métayage mais là l'objet du contrat n'est plus une exploitation mais un troupeau. C'était avantageux pour tous. Ça permettait au paysan de s'arrondir les fins  de mois et permettait au propriétairede voir venir et de faire fructifier par un professionnel son bien en attendant de le vendre à bon prix. Antoine vivait donc certainement d’un métier d la terre.

Sur son testament du 02/02/1593 et sur un partage de ses biens daté du 16/04/1593 il est indiqué habitant La Gavié, aujourd’hui La Gabié (à deux km au sud de Montredon). Suivant un de mes correspondants, La Gaviá (prononcé gabié) signifie lieu habité par la famille GAU. Il se trouve que le V prononcé B est souvent presque inaudible en situation intervocalique ce qui donne Gaiá (prononcé Gayé). Et n’oublions pas que GAU se prononce Gaou.

Pierre, le fils d’Antoine, et son frère Raymond sont certainement allés habiter à Roquaniel (qu'on écrit plus tard Rocaniel). En effet, ils ont épousé deux sœurs Vabret de Roquaniel Julianne et Marthe, qui n’avaient pas de frères et qui ont bénéficié du partage des biens de leur père le 14/11/1594. Le contenu du partage montre ici aussi que Pierre vivait d’un métier de la terre. On retrouve les générations suivantes à Roquaniel même le troisième frère Isaac. Ils passent ainsi dans le canton de Vabre en faisant un bond de 6 km vers l’ouest.

Isaac, le fils de Pierre, est de façon sûre résidant à Rocaniel. Il se marie une première fois en 1625 avec Anne MIALHE de qui il aura deux filles Judith et Marie. Elle meurt lors de la naissance de Marie. Il se remarie en 1631 avec Anne JULIEN. Il aura cinq fils (David, Pierre, Antoine, Jean et François) et trois filles (Marthe, Marie et Suzanne). Les deux contrats de mariage laissent entrevoir que la terre était le gagne pain d’Isaac.

On retrouve David à Rocaniel, et il va se marier  trois fois, avec Magdeleine BARDOU en 1656, Jeanne VAREILLE en 1662 et Marie SERS en 1690. Ici aussi, le contrat de mariage avec Magdeleine ne laisse pas de doute, la terre les fait vivre. Ce contrat a une particularité, il est le premier sur lequel un GAU a apposé sa signature. Et quelle signature ! Le nom GAU seul est écrit en majuscule de 7cm de haut. Le G est assez bien fait bien qu’hésitant. Le A est penché et les deux traits obliques ne sont pas rectilignes, mais font une légère ondulation. Le U ressemble plus à un V et là aussi il y a une légère ondulation du trait. De ce premier mariage, je ne connais qu’un fils André. De son deuxième mariage, il aura deux fils Isaac et André et deux filles Anne et Suzanne. De son dernier mariage à 54 ans avec Marie SERS, je ne connais pas d’enfant.

André se marie deux fois. Du premier mariage avec Jeanne BOYER en 1683, je connais cinq enfants, quatre grâce au testament d'André, il s'agit de Pierre, Jean, Marie, Anne et je connais Marthe grâce à son acte de baptême. Cette dernière n'est pas mentionnée sur le testament, née en 1689 à Rocaniel, elle est sans doute morte en bas âge. Lors de son deuxième mariage avec Anne POUJOL vingt-deux ans après, André habite encore à Rocaniel et se déclare tisserand. Ils auront six enfants, trois fils : Louis,  Étienne et Jean et trois filles Jeanne, Magdeleine et Marthe.

Lors du mariage de Louis et d’Anne VERDIER en 1734, Rocaniel est encore indiqué comme lieu d’habitation et la fonction de tisserand est là aussi indiquée. Leur premier fils Étienne est né à Rocaniel. Ils se déplacent, puisque le deuxième enfant Louis naît à la Garrigue. Les deux derniers Marie et Jean Pierre naissent à Molière à deux cents mètres au sud de Rocaniel.

En 1763 Étienne se marie au désert avec Marianne MIALHE, dans le contrat de mariage , il est indiqué journalier de Bellegarde à 2 km à l'ouest de Rocaniel. Ils restent à  Bellegarde, car leurs deux enfants Magdeleine et  Jean Pierre naissent dans ce hameau. Lors du mariage de Jean Pierre, il est indiqué « fils de feu Étienne GAU  en son vivant tisserand ». Il aurait donc changé de métier. Je pense que non. Comme tous les autres ancêtres qui précèdent et aussi ceux qui suivent, le métier de tisserand est en complément d'un autre métier de l'agriculture, le plus souvent journalier.  Mais le métier de tisserand était plus valorisant.

Jean Pierre est très prolifique, il se marie deux fois en 1791 et 1806. De Magdeleine VAREILLES, il aura un fils Jean Pierre et deux filles Jeanne et Élisabeth. De sa seconde épouse Jeanne BERTRAND, il aura d’abord une fille Marianne puis cinq fils : Pierre mort au bout d’une semaine, puis un autre Pierre, Jean, Jacques et Louis. Ils vont un peu  bouger, car si Jean Pierre naît dans le petit village de Bellegarde, lors de son deuxième mariage il est indiqué « cultivateur demeurant à Beautinez » (qui aujourd’hui a remplacé le z par un s)  ainsi que lors de la naissance de ses deux premiers enfants, le troisième Pierre naît à Brugayrolles ainsi que les trois frères qui le suivent.

sEn 1837, à vingt-sept ans, lorsque Pierre se marie à Sénégats et Trévisy (St Pierre de Trévisy) avec Rose MIALHE, il est cultivateur et habite au Fraisse (1 km au SE de Sénégats). À la naissance de Pierre en 1840 et de Louis en 1843, ils n’ont pas bougé. Ensuite, c’est à Pipiniès  que naissent Jean Pierre en 1845, Suzanne en 1849 et Paul en 1851, alors que le petit dernier Jacques naît à Lapeyretié dans le canton de Montredon, mais à la limite du canton de Vabre et Philippine la petite dernière naît au Trantoul en 1860. Pierre décède en 1864 au Puycarle  ( aujourd'hui le Puech Carlé) chez son fils aîné Pierre, Philippine n'a que 4 ans..

Louis et également au Puycarle (le Puech Carlé aujourd’hui) lors de son mariage avec Philippine ESPÉROU du 01/11/1864. Ce couple aura trois enfants : Louis fils (mon grand-père) né en 1865, Marie Philippine née en 1869 et Philippine Marie née 1873. Dans l’acte de mariage et l’acte de naissance de Louis, ce dernier est indiqué cultivateur et Philippine tisseuse. À la naissance de Louis fils en 1865,  ils habitent à Caynac. Lorsque le 31 décembre 1871, Louis passe l’acte d’achat de quelques terres avec la célèbre poétesse Célina MARC, il est domicilié au Theil. Pour le dernier mariage de la tribu en 1889, Louis fils est dit cultivateur vivant avec père et mère à Fontgrasse et Marie TIREFORT son épouse, sans profession,. L’enchaînement des domiciles semble bien établi, pourtant une énigme persiste. L’acte d’achat de l’habitation de Fontgrasse n’a pas été retrouvé. Par contre, un acte d’achat de terre et d’une habitation située au Theil du 01/11/1867 est au nom de Jean Louis GAU domicilié à Caynac. Un acte de vente de terres au profit de ce même Jean Louis du 18 décembre 1881 indique qu’il habite Fongrasse (sans t)  Mais ce Jean Louis est inconnu. On peut faire deux hypothèses : Ou bien Louis et Jean Louis sont des parents proches et il faut trouver ce Jean Louis. Ou bien, il s’agit de la même personne et alors il faut admettre que Louis change de prénom et de signature comme de chemise et l’indication du Theil sur les actes est donnée comme situation de Fontgrasse qui n’a pas encore de nom à ce moment là. À noter que les impôts que la famille paie encore sur les terres ainsi que le relevé de propriété sont au nom de Jean Louis GAU. Enfin il y a mon père Jules et ma mère Marie Louise MAS. Ils se marient à  Lautrec en 1926, et vont un peu bourlinguer à partir de 1929 : à Paris 4ème, Béziers, Lautrec, Réalmont et vivre en faisant des petits boulots. À partir de 1936, ils reviennent à Lautrec et mon père travaille au service de mon grand-père maternel Auguste MAS qui a perdu une jambe dans sa  machine à dépiquer. À sa mort, l'héritage de la machine à dépiquer rendra la situation familiale plus claire. Permettez que je parle un peu de moi. après tout cela, Juste pour dire que le changement a été important. Dans mes lieux d'habitation : Paris, Montargis, Alger (Hussein Dey), Paris, Toulouse et Blagnac. Dans mon métier, diplômé de l'École Centrale de Paris, j'ai passé toute ma carrière comme ingénieur dans l'aéronautique à Sud-Aviation qui deviendra Aérospatiale à Blagnac et Toulouse.

Conclusions : Mes ancêtres GAU, en quatre cents ans, ont tourné en rond dans une toute petite portion de ce département. Les deux hameaux les plus éloignés sont à une vingtaine de km. Leur métier s'est cantonné principalement au travail de la terre auquel il faut adjoindre plus ou moins l’élevage. À partir  du milieu du 18ème siècle, il faut aussi ajouter une activité de tisserand, pas toujours indiqué sur les actes ou contrat, mais indiqué sur les capitations. Pour les épouses, en général les actes, ou bien ignorent, ou au mieux indiquent sans profession. Pourtant, nous pouvons être sûrs qu'elles prenaient une part très importante dans toutes les tâches. Des huit enfants de mes grands-parents, mon père et sa sœur Léonie sont les seuls qui sont restés dans le Tarn.

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