Mes poèmes

 

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Au secours ! ... Ô secours !

Parole de Vie, Silence de mort.

Être et avoir, plus que des auxiliaires.

Orage  

À Agnès

Neige sur l’Espinouse  

La haine ou le pardon

Nemat et Zinnah

EURO 2008  

À Yaguine et Fodé  

Sonnet à Fontgrasse*

Terre de Souchez  

Quelques dédicaces pour le livre de Jean  

Le bien et le mal

Survie des Rohingyas

Poèmes inspirés de maîtres bouddhistes

Feuilles d'automne

Ce jour-là

Le voilier échoué …mais pourquoi ?

Énigme en "--?--"

Le créateur et la fleur

Leur montagne

Nice, 14 juillet 2016

 

Au secours ! ... Ô secours !

 Attention,
Dépression.
C’est le vent,
C’est l’autan.

Au secours !

Curieux temps,
Qui te prends
En plein cœur.
C’est la peur.

Au secours !

Et l’angoisse
Dans la nuit
T’envahit.
C’est la poisse.

Au secours !

Le silence
Consternant
Déprimant
La souffrance.

Au secours !

Me voilà, j’arrive.
Je sèche tes pleurs,
Tu changes de rive.
C’est le grand bonheur.

Ô secours !

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Parole de Vie, Silence de mort.

 

La parole est d’argent,

Le silence est d’or ?

Pas toujours !

 

La parole c’est le vivant,

Le silence c’est la mort ?

Oui ! Toujours.

 

Le grand départ

C’est pour plus tard

Mais aujourd’hui,

C’est la vie

 

Taisons la mort

Parlons de vie

.Oui ! Oui ! Oui !

 

 

Croquis au fusain par l’auteur

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Être et avoir, plus que des auxiliaires


Être parole d’Évangile,
Mais
Avoir quelque chose sur la conscience.

Être dans de beaux draps aujourd’hui,
Et
Avoir maille à partir avec quelqu’un demain

Être comme deux ronds de flan,
Mais
N’en
avoir cure.

Être comme « cul » et chemise avec Pierre,
Et
Avoir partie liée avec Jacques

Être bête comme ses pieds,
Mais
Avoir bon genre

Être d’attaque,
Et
Avoir bon pied bon œil

Être dans de beaux draps,
Mais
Avoir force de loi.

Être juge et partie
Pour
Avoir gain de cause.

 













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Orage

 

Des nuages,

Gris et lourds.

Tout autour

C’est l’orage

 

Tout s’éclaire !

Le tonnerre,

Sans détour

Nous rend sourd.

 

Tels des œufs de pigeons,

Arrivent les grêlons,

Tombent sur le coteau,

Sans une goutte d’eau.

 

Les raisins sont hachés,

Les arbres arrachés.

Fini pour la moisson

Et pour la fenaison.

 

Puis l’averse

Se déverse,

Inonde les maisons,

Jusqu’à foison.

 

Et l’orage faiblit,

Enfin c’est l’accalmie.

Reste l’inondation

Et la désolation.

 

Dans un réflexe humain,

Nous devons dès demain

Leur donner du secours,

Mais aussi de l’amour.

Orage

Ô rage

 

Inspiré par l’orage du mois de mai 2008 à Toulouse :

photo ci-dessous.

 

 

 

 

 

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À Agnès,

 

Dans une ruelle de Ruygi

À l’est du Burundi,

Une voiture est mitraillée,

Agnès et Aude sont blessées.

 

Elles travaillaient main dans la main

Pour Action contre la Faim

 

Transportées à l’hôpital,

Si Aude s’en sortira,

Le sort d’Agnès sera fatal,

Elle ne se réveillera pas.

 

C’était sa première mission,

Dans un programme de nutrition.

 

Le sida omniprésent,

Elle aidait les mamans

Pendant l’allaitement,

À mieux nourrir leurs enfants.

 

Sentiment de stupeur,

D’indignation et de rancœur.

 

Les coupables seront pris

Et sévèrement punis.

Adieu Agnès, je te le dis

Tu mérites le paradis.

 

Agnès et Aude étaient des bénévoles de l’association Action contre la Faim. Elles ont subi le sort décrit dans ce poème le 31 décembre 2007.

Ci-dessous séance de vaccination par l'association « Action Contre la Faim »

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Neige sur l’Espinouse

 

Étincelants par les six branches

De leurs tenues étoilées blanches,

Deux flocons se lient d’amour tendre

Dans la froidure de décembre.

 

Tout le long du chemin

Ils se donnent la main,

Et descendent gaiement

Emportés par le vent.

 

Lentement la chaleur

Les met tout en sueur,

Et c’est en gouttes d’eau

Qu’ils arrivent au coteau.

 

Mais soudain le Zéphyr

Va gâcher leur plaisir

Et rompre leur union.

Triste désillusion.

 

Ainsi, l’une par l’Orb, rejoint la Grande Bleue,

Et fait du même coup maints et maints envieux.

L’autre rejoint l’Agout et sans plus de tapage

Vers l’immense Océan tout doucement s’engage.

 

C’est la fin d’un Amour

... Pour Toujours.

 

Moralité:

Souvent notre destin

Ne tient à presque rien..

 

 

L’Espinouse (monts de), massif primaire du sud du Massif-central culminant à 1126 m (Hérault), entre les vallées de l’Agout et de l’Orb.

 

 

 

 

Photo prise dans une bourrasque de neige par l’auteur

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La haine ou le pardon

La haine que vous avez envers quelqu’un
Ne lui fait aucun mal.
Elle ne vous apaise pas,
Mais à n’en pas douter
Elle vous tue à petit feu.

Préférez lui le pardon,
Même s’il vous en coûte.
Même lorsque la faute est grave,
Le pardon est nécessaire
Pour retrouver la paix,
Faciliter le travail de deuil.

La haine perpétuelle ne résout rien au contraire.
Le pardon n’est pas l’oubli de l’acte,
Ni l’oubli de la victime
Lorsque nous ne sommes pas celle là.
Il n’est pas un devoir,
Mais un processus de libération.
Il n’est certainement pas
Une réconciliation avec l’autre,
Mais avec soi-même.

Le pardon n’a pas à prendre en compte
La sanction de la justice,
Peu importe qu’elle soit sévère, juste ou laxiste.

Le pardon n’implique pas le repentir du coupable,
Mais il le rend plus facile.

Le repentir d’un chef d’État,
Au nom de ses administrés,
Ne peut remplacer complètement celui des coupables.

Il y a dans le pardon un plaisir
Qu’on ne retrouve pas dans la haine
Et encore moins dans la vengeance.

 

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Nemat et Zinnah

 

Au Darfour, au Libéria,

Les enfants en sont là,

C’est trop cher pour les nourrir !

Va-t-on les laisser mourir ?

 

Action contre la faim

A pris l’affaire en main.

Mais ils ont grand besoin de nous.

Donnons, ne serait-ce qu’un sou.

 

Nemat aura sa ration de lait,

Zinnah aura sa ration de riz.

Grâce à vous, ils seront nourris,

Grâce à vous, ils seront sauvés.

 

 

 

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EURO 2008

 

Nous partîmes en Espagne,

Sans oublier le champagne.

Nous étions pleins d’espoir,

En attendant le premier soir.

 

Un à un.

Quatre à un.

Mais tout n’est pas si noir,

Il nous reste un espoir.

 

Mais voilà Ribéry

Qui tombe et qui gémit.

Et après Abidal

Fait le geste fatal.

 

Un péno plus un but,

Cette fois, c’est foutu.

Domenech,

C’est l’échec.

 

Nous sommes toujours en Espagne.

Et sans avoir bu le champagne,

Nous avons la gueule de bois,

Et la France la cuillère de bois.  

 

 

Franck Ribéry lors sa sortie sur blessure

 pendant la rencontre France - Italie de l'Euro 2008

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À Yaguine et Fodé

 

Deux jeunes Africains

Avec l’esprit chagrin

Rêvent de liberté

Pour fuir la pauvreté.

 

Ils sont sur le tarmac,

Avec un petit sac,

Et vont tout doucement

Vers les grands oiseaux blancs.

 

Deux, sept, trois, six, zéro,

C’est le bon numéro.

Un bond et c’est la soute

Avec la peur sans doute.

 

Et puis l’avion prend l ‘air,

Avec un bruit d’enfer.

Pour eux, c’est l’euphorie

Ils chantonnent, ils rient.

 

Mais le froid devient fort.

Il transperce leur corps.

Il n’y a presque plus d’air,

Et leur cœur s’accélère.

 

La souffrance, bête immonde,

Les assaille, les inonde.

Ils résistent,

Elle persiste.

 

Des larmes dans les yeux,

Des soupirs dans la bouche,

Ils implorent les cieux

Que la grâce les touche.

 

Le secours ne vient pas,

Voilà le résultat:

Le coma,

Le trépas.

 

Quels dégâts!

 

Mais avant de mourir,

Sans haine, ni repentir

Ils écriront

Ces mots si pathétiques:

...Nous vous crions

Au secours en Afrique...” (1)*

 

Ils voulaient déguerpir

Sans jamais revenir,

Mais doivent repartir

Avec les pieds devant.

 

À leur enterrement,

Sans couronnes ni fleurs,

Il y aura des pleurs,

Et surtout des rancœurs.

 

(1) Extrait du billet laissé par Yaguine et Fodé en respectant la forme et l’orthographe

 

C’était le lundi 2 août 1999, deux jeunes passagers clandestins, Yaguine Koita (14 ans) et Fodé Tounkara,(15 ans), sont découverts morts dans le train d'atterrissage d'un avion de la Sabena. Ils étaient d'origine guinéenne. Ce poème leur est dédié.

 

 

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Sonnet à Fontgrasse*

 

Je t’ai beaucoup aimée lorsque j’étais enfant.

Ton escalier de pierre, avec sa belle treille,

Représentait pour moi une pure merveille,

Que ne pourrait saper, ni la pluie ni le vent.

 

Lorsque venait l’été, sous le soleil brûlant,

Je flânais dans tes bois, j’observais la corneille,

Je courais au jardin cueillir un peu d’oseille,

Puis j’allais au ruisseau, marcher dans le courant..

 

Je te vois aujourd’hui, tu n’es qu’un tas de pierres,

Pareille à ces cités, dévastées par les guerres.

Lors, craignant le pire, je cours vers le grand pin,

 

Pour voir de mes aïeux l’antique sépulture.

Miracle ! Je ne vois, ni ronce, ni regain,

Et pas la moindre ortie. Merci Dame nature.

 

* Nom de la ferme où vécurent mes grands-parents paternels et où sont nés mon père et ses huit frères et sœurs.

 

 

Photo de Fontgrasse prise vers 1932 par mon oncle Urbain, aujourd'hui, ce n'est qu'un tas de pierre.

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Terre de Souchez

 

Hier, ô terre,

Le sang du pauvre Jean a pénétré ton cœur,

Tu as éteint son souffle et endormi sa peur,

Enfin, tu lui as pris sa dernière chaleur,

Pour nous laisser tout seuls, avec notre malheur.

Ô  ! terre sanglante.

 

Ce jour, ô  ! terre,

Le onze novembre, gloire de la patrie

Tu t’es bien apaisée, mais restes un peu meurtrie.

Sachant que tu retiens la dépouille de Jean,

Mes pas sont hésitants, tremblants et chancelants.

Puis des larmes de feu ruissellent sur mes joues

Et sans l’avoir voulu, me voilà à genoux.

Alors, je te prends là dans le creux de ma main

Un peu pour aujourd’hui et beaucoup pour demain.

Ô  ! terre avenante

 

Demain, ô  ! terre,

Je te garderai là au plus près de mon cœur

Et je te donnerai aux gens dans la douleur

Tu nous soulageras de toutes nos rancœurs.

Et nous apportera la joie et le bonheur.

Ô  ! terre apaisante.

.

 

*Jean est l’oncle de ma femme, mort près de Souchez en Artois le 4 octobre 1915 lors de la Grande Guerre. Son corps n’a pas été retrouvé. En 1996 et 1997 j'ai écrit un livre sur Jean qui a été publié en juillet 1998 (80 ème anniversaire de l'armistice). Lors d’une visite sur les terres de sa sépulture le 11 novembre 2003, j’ai ramassé un petit flacon de terre que je conserve précieusement et au retour j'ai écrit ce poème.

Pour le 90 ème anniversaire j'ai décidé de donner ce livre (Jean, classe 1915 ou lettres volées à l'oubli) en téléchargement gratuit sur le site :

http://www.ebooksgratuits.com/details.php?book=1749

 

 

 

 

Nécropole nationale de Notre Dame-de-Lorette près de Souchez (photo prise par l’auteur)

 

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Quelques dédicaces pour le livre de Jean

 

1- 

Jean,

Vingt ans et v’lan...

La mort!

Quel triste sort.

Jean,

Quatre-vingt ans...

Un livre

Le fait revivre.

 

2- 

Pour la gloire de Jean

Ce héros qui m’est cher,

Mais aussi pour les autres

Meurtris dans leurs chairs

Et tout aussi méritants.

 

3- 

Depuis plus de quatre-vingt ans,[1]

Les volets de la vie de Jean

Semblaient à tout jamais biens clos.

Mais le livre avec tous ses mots

A ouvert les rideaux en grand.

Mais c’est bien vous en le lisant

Qui lui donnerez le soleil

Pour un grand bonheur sans pareil.

 

  4- 

Souviens-t-en

Pour tes 20 ans...

Le rire et le bonheur.

Mais pour Jean,

Pour ses 20 ans...

Le pire des malheurs.

 

5- 

Les larmes que tu verseras

Sans doute pour Jean,

Ne terniront qu’un instant

Ton bon sourire, tu verras.

 

6- 

Que la pensée des souffrances de Jean

Te fasse mieux goûter les bons moments.

Et que son grand malheur

Te conduise  au bonheur.

 

7- 

L’albatros de Baudelaire,

Si pataud sur le pont,

Est si beau lorsqu’il prend l’air.

Comme lui ce livre à la gloire de Jean,

Se meurt plongé dans le néant,

Mais reprend vie, renaît, lorsque nous le lisons.

 

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Le bien et le mal

 

Si à quelqu'un
Tu fais du bien.
Illico... oublie.

Si quelqu'un
Te fais du bien.
Jamais ne l'oublie.

Le mal
Qui nous fait
Mal,

N'est pas celui
Qui nous atteint,

Mais celui
Qu'on fait
À notre prochain

 

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Survie des Rohingyas

Minuscule minorité ethnique,

Sans aucune existence juridique,

Il faut sauver les Rohingyas,

 Avant que ne sonne le glas.

 

Parqués dans deux camps en Birmanie,

Ou vivant au Bengladesh clandestinement,

Ils sont partout rejetés, bannis.

Sauvons les de leur monstrueux isolement.

 

Il faut :  surtout les bien nourrir

Avant de les voir dépérir,

Et aussi des soins médicaux,

Pour les guérir de tous leur maux.

 

Mais il faut aussi à tout prix

Que leur âme soit nourrie.

Leur redonner une dignité,

Un petit espoir de liberté.

 

Mais que pouvons nous faire ?

Aidons les humanitaires.

Ils sont nombreux sur le terrain,

Mais n’ont pas assez de moyens.

  

 

Camp de Rohingyas à Teknaf au Bangladesh

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Poèmes inspirés de maîtres bouddhistes  

 

de Shantidéva 

  1

Tout en voulant lui échapper,

Nous nous jetons dans la souffrance ;

Nous aspirons au bonheur mais par ignorance,

Nous n’arrivons pas à l’attraper.

   

2

Tant que l’espace durera

Et tant qu’il y aura des êtres sur terre,

Puissé-je moi aussi être là

Pour éviter que la souffrance vous enserre.

 de Nagarjouna  

Si cette vie que bat le vent de mille maux

Est plus fragile encore qu’une bulle sur l’eau,

Il est miraculeux qu’après un bon dodo,

Inspirant, expirant, de s’éveiller dispos !

 

 

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Feuilles d’Automne

 

Pourpre, rouge ou jaune,

Tu plastronnes,

Pour nous charmer.

 

 

 

Comme personne,

Tu tourbillonnes,

Au vent léger.

 

Petite friponne,

Tu empoisonnes

Le jardinier.

 

 

Sur la Garonne,

Tu ambitionnes

De naviguer.

 

Tu te cramponnes,

Comme une lionne

Pour pas couler.

 

Tu tourbillonnes,

L’eau t’emprisonne,

Tu es essoufflée

 

 

Tu t’époumones,

Oh ! ma Madone,

Viens me sauver.

 

Mais la Madone,

Pourtant si bonne,

Ne peut t’aider.

 

Le tocsin sonne,

Tu abandonnes

Tu as sombré.

 

 

 

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Ce jour-là

 

Ce jour-là

Des cris, des pleurs

Du malheur.

La ville est bombardée

Par la légion Condor

Faisant deux milles morts.

Italiens et Allemands,

N’ont pas hésité,

Pour quelques partisans,

À cette indignité.

 

À quelques centaines de kilomètres de là,

Ce jour-là,

Un cri, un petit piailleur,

Rien que du bonheur.

Pas d’aréopage,

Dans ce petit village.

Mais, juste une accouchée,

Et un nouveau né.

 

La ville bombardée …

C’était Guernica

 

Le nouveau né …

C’était moi.

 

Ce jour-là,

Le vingt-six avril

De l’an

Mille neuf cent trente-sept

 

 

 

Tableau "Guernica" de Pablo Picasso.

 

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Le voilier échoué …mais pourquoi ?

 

Évitant par deux fois le naufrage,
Le voilier s’échoua sur la plage.
Comme je passais par là
Je vis tous les dégâts.

Le capitaine regardait dans le vague,
Son bateau ballotté par les vagues.
Le mat s’était brisé
Le plancher disloqué.

Le lendemain matin, il était toujours là.
La mer qui fulminait semblait sonner le glas.
La plage était remplie d’infimes débris
Le ciel portait le deuil, tout gris, tout gris.

Deux jours plus tard, quand je repasse,
Un camion grue se met en place.
Je rêve alors qu’il sera réparé,
Pour naviguer encore en Méditerranée.

Mais le voilier est traîné sur la plage
Ce qui le rend pour toujours hors d’usage.
Je ne suis pas, hélas, tout au bout de mes peines,
Car je vais voir la grue l’écraser dans la benne.

Pourquoi ?
Mais pourquoi ?

 

 

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Énigme en "--?--"

«  --?--  » c'est «  --?--  » 

Bien sûr.

Plus «  --?--  » que «  --?--  »

Ça n'existe pas.

C'est pourtant cousu de fil «  --?--  »

Et c'est connu comme le loup «  --?--  »0

Alors, vous faites chou «  --?--  »  ?

 

PS. L'élucidation de «  --?--  » est à découvrir dans le tableau ci-dessous  :

 

Titre du tableau  : «  --?--  »

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Le créateur et la fleur

 

Avec une petite graine,

Le créateur a, sans peine,

Fait pousser la fleur.

Ah oui  ! Quel bonheur !

 

L'abeille, butineuse,

Fringante et laborieuse,

Pompe le nectar de tout son cœur.

Cela plait au créateur.

 

Le papillon, dans une danse folle,

S'approche d'un bond de la corolle

Et fait le beau charmeur.

Cela plait au créateur.

 

Soudain la fleur fane, holà  !

Mais le pistil et l'étamine sont là.

Ils vont alors se mettre en scène

Pour produire d'autres graines.

 

Encore une fois,

Le créateur était aux abois.

Rien n’était perdu,

Tout était prévu.

 

 

 

Leur montagne

Mon père, ses frères et ses sœurs*,

Pour trouver un peu de bonheur,

Et changer à jamais leur vie,

Ont voulu quitter le pays

 

Pourtant que leur montagne est belle,

On y chasse la tourterelle

Et en bas dans le vallon

On y pêche de beaux goujons

 

Ils partent un à un vers la plaine,

Profitant chacun d'une aubaine.

Les premiers partent pour Paris,

Les autres restent dans le Midi.

 

Léonie, Louis et leurs enfants

Resteront encore longtemps.

Mais eux aussi vont partir

Et devront tout reconstruire.

 

Ils réussiront tous leurs vies,

Avec courage et énergie.

Ils seront pour leurs descendants,

Un bel exemple émoustillant.

 

Plus de soixante-dix ans déjà.

Ils ont tous rejoint l'au-delà,

Et leur maison depuis longtemps

N'a pas résisté au temps.

 

Mais leur montagne est encore belle,

Il y a toujours des tourterelles,

Et tout en bas dans le vallon,

On y pêche encore le goujon.

 

Ampurias Brava le 30 juin 2015

 

 

* Prénoms usuels dans l'ordre de naissance des frères et sœurs de mon père Jules : Maria, Berthe, Louise, Pauline, Jules, les jumeaux Léonie et Henri et le petit dernier Gaston.

 Les quatre derniers 

À la mémoire de leurs parents Louis GAU et Marie TIREFORT dont la sépulture est près de leur maison. Cette dernière est aussi celle de Daniel le neuvième enfant décédé à l'âge de cinq mois.

 

Nice, 14 juillet 2016

Pour voir le feu d'artifice le 14 juillet,
À Nice sur la promenade des Anglais,
Combien d'adultes et combien d'enfants,
Qui sont partis joyeux et pleins d'allant,
Ont été massacrés honteusement
Dans un scénario très extravagant.

Pourquoi ce camion blanc
Lancé à toute vitesse
A-t-il tué autant de gens ?
Quel dégoût, quelle tristesse.

Pour leurs parents,
Et leurs enfants,
Avec la larme à l'œil,
Vient le moment du deuil.
Pour nous bien sûr de la compassion,
Mais aussi de l'incompréhension.

Blagnac le 20 juillet 2016

Le 14 juillet 2016, le feu d'artifice se termine sur la Promenade des Anglais à Nice. Soudain, au volant d'un camion blanc  Mohamed Lahouaiej Bouhlel, 31 ans, fauche des centaines de personnes. Bilan : 85 morts dont 10 enfants, 434 blessés physiques et un nombre considérable de blessés psychologiques. 

Dans l'émotion de ce drame, j'ai écrit ce poème en quelques minutes. 

Ci-dessous le camion blanc criblé de balles, mais il était trop tard. 

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